Retour sur la crise du COVID-19

vendredi 26 juin 2020
par  Mutos
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Depuis le 11 Mai, la sortie progressive du confinement s’organise, dixunt le gouvernement et les directions des entreprises. Mais le retour que l’on peut tirer de cette crise peut faire froid dans le dos, et pas pour les raisons qui semblent apparaître de prime abord.

D’abord, chez Framatome : dans beaucoup de sites, usines comme études comme interventions, la direction ait imposé congés forcés et activité partielle tout en maintenant les jalons des projets. Nous continuons de penser que des risques inutiles ont été pris avec la santé des salariés et de leurs proches, allant jusqu’au décés à Romans d’un intérimaire qui avait dû rester sur site en présentiel. Enfin, la décision de distribuer ou non des dividendes a juste été « reportée » à Septembre, sans qu’aucune garantie n’ait été donné qu’elle soit annulée ainsi que nous le demandions. Nous nous sommes donc exprimés pour dénoncer cet état de fait, notamment au travers de déclarations faites au CSEC en Mai, puis Juin, dont nous vous donnons lecture ici. Pour compléter ces informations, nous vous livrons les résultats du sondage que la CGT Framatome avait organisé sur l’avenant à l’accord « mesures sociales COVID », auquel rappelez-vous, nous nous étions opposés.

D’ailleurs, pour parler bourse... alors que les PME font faillites, que fleurit le chantage à l’emploi et que les travailleurs se serrent la ceinture, autour de la corbeille, c’est l’euphorie : le CAC-40 et le NASDAQ sont à leurs plus hauts ! Comble de l’indécence ? Jeudi 3 juin, l’action Renault avait bondi de près de 20%, suite à l’annonce de 14600 licenciements sur 3 ans, dont 5000 en France. Tout cela alors que depuis 10 ans, beaucoup de sociétés, malgré de bons résultats, se sont endetté massivement, non pour investir dans la production réelle, mais pour racheter d’autres entreprises et ... verser des dividendes ! C’est cela que vous pourrez analyser au travers de deux articles du Pôle Economique de la CGT.

C’est dans ce contexte qu’est passé le 10 Juin dernier une loi que nous et beaucoup d’autres avons qualifiée, pour rester en des termes mesurés, de « fourre-tout » et « opportuniste ». En résumé, sous prétexte de lutter contre la pandémie, le gouvernement fait passer un nombre non negligeable de mesures inscrites depuis longtemps au programme du MEDEF, fragilisant encore plus les travailleurs. Tout particulièrement, le dispositif dit « ARME » pour « Activité Réduite pour le Maintien dans l’Emploi » est la dernière mouture des accords dits « de compétitivité » de 2013, qu’il dépouille de leurs dernières bien maigres garanties. Dans les entreprises où des syndicats (pas la CGT, rassurez-vous !) signeront ce type d’accord, les salariés travailleront plus pour gagner moins, et en plus l’Etat paiera aux entreprises des allocations. Soyez sûrs que, dès lors qu’un tel accord sera signé, le cours de l’action montera : les prochains dividendes à venir seront juteux, tandis que les salariés, quant à eux, se serreront la ceinture. Vous trouverez ici notre expression CGT Framatome sur cette loi, ainsi qu’un communiqué intersyndical sur le droit de manifester, lui aussi mis en danger par cette loi...

Enfin, pour finir ce premier retour sur la crise du COVID-19 - bien que celle-ci ne soit hélas pas terminée - permettez-nous de vous présenter le résultat d’une enquête de grande ampleur (300 questions, 34000 réponses entre le 8 et le 24 Avril), sur le monde du travail lors du confinement. Organisée par l’UGICT (la CGT des Ingénieurs, Cadres et Techniciens), cette vaste consultation, malgré la diversité des situations, tant sur site au détriment de leur protection, en télétravail massif « en mode dégradé », ou en arrêt forcé avec souvent une perte de salaire, pointe la prééminance qui a été donnée aux résultats financiers sur la santé des salariés. Elle signale aussi les risques qu’ont dû prendre les travailleurs et la forte prévalence des Risques Psycho-Sociaux - ou plus justement « Risques Organisationnels et Relationnels » - subis par les salariés sur qui leurs employeurs ont reporté les conséquences de la crise. Enfin est apparu le rôle positif des représentants du prsonnel qui, malgré des conditions difficiles, y compris la casse organisée des Instances Représentative du Personnel, ont pu agir pour amortir l’impact de la crise sur les collègues qui les avaient mandatés.

Déclaration CGT CSEC Fra - 7 Mai 2020
Déclaration CGT CSEC Fra - 11 Juin 2020
Tract CGT Fra - Retour enquête avenant COVID
Mémo pôle éco CGT - Euphorie boursière indécente
Mémo pôle éco CGT - Coût du capital
Tract CGT Fra - Loi fourre-tout
Communiqué intersyndical - Droit de manifester
Enquête confinement UGICT-CGT - Synthèse des résultats
Enquête confinement UGICT-CGT - Rapport complet